test-du-mage

Lectures

Ce que disent les textes quand on les lit côte à côte. Ces analyses sont les nôtres ; elles reposent sur les textes cités dans chaque test.

Neuf textes, neuf portes

TexteDurée de l’épreuveBiens et argentSecretQui décideQui est écarté
Pythagore (Jamblique, vers 300)Trois ans d’indifférence, puis cinq ans de silenceMis en commun ; rendus au double en cas d’échecCinq ans de silencePythagore, après examenLes esprits « lents »
Saint Benoît (vers 530)Quatre ou cinq jours à la porte, puis douze moisTout donner, sans rien garderAucunLe candidat, à qui on lit la Règle trois foisPersonne
Arbatel (1575)AucuneRien n’est demandé« Foi et silence »Personne : le lecteur se jugeCelui qui n’est pas « né pour la magie »
Fama (1614)Aucune : une lettre impriméeGuérir gratuitement ; mépris de l’orCent ansLes frères, qui ne répondent pasLes cupides
Anderson (1723)Aucune dans le texteRien n’est demandéUne instruction « propre à cette Fraternité »La logeLes serfs, les femmes, les hommes « immoraux ou scandaleux »
Myriam (Kremmerz, 1896)Non dite dans ce que nous avons luUn ordre qui vit de donsCondition d’entréeL’initiateur, seul lien avec l’ordrePersonne d’« honnête »
Cagliostro (années 1780)Une heure seul dans une chambreQuitter tout métalSerment sur une flammeLe maître, après les objections des frèresQui n’est pas déjà maître maçon
Golden Dawn (1888, imprimé en 1909)Aucune dans la cérémonieRien dans la cérémonieSerment, sous peine d’être « foudroyé »Les chefs du Second OrdrePersonne : « Frères et Sœurs »
Degrés du Mage (1863)Aucune : la naissanceRienAucunUn calculHuit personnes sur neuf

1. Trois manières d’éprouver : le temps, la conduite, la naissance

Les deux textes les plus anciens éprouvent par le temps. Pythagore fait attendre huit ans, Benoît un an, et ni l’un ni l’autre ne demande de savoir quoi que ce soit : il suffit de rester. Les textes modernes éprouvent par la conduite. L’Arbatel, Anderson et Kremmerz décrivent un caractère — honnête, discret, utile aux autres — et ne fixent aucune durée. Le calendrier des degrés est seul de son espèce : il ne regarde que la naissance, et rien de ce qu’on fait ensuite n’y change quoi que ce soit. L’Arbatel est le seul texte à tenir les deux bouts : six préparations dépendent de l’effort, la quatrième demande d’être « né pour la magie ».

2. Aucun de ces textes ne fait payer l’entrée

Trois demandent au contraire de se dépouiller : Pythagore met les biens en commun, Benoît les fait donner, Kremmerz fonde un ordre qui vit de dons. La Fama va plus loin et fait de l’argent le critère d’exclusion : ses frères guérissent « gratuitement », et celui qui n’est « avide que de richesses » se mène « à la ruine ». L’école pythagoricienne rend même le double de sa mise au candidat refusé. Dans les textes que nous avons lus, un droit d’entrée n’apparaît nulle part.

3. Le secret n’est pas là où on l’attend

La Règle de saint Benoît n’en demande aucun. Les Obligations d’Anderson, texte fondateur de la franc-maçonnerie, n’en parlent presque pas : elles décrivent des mœurs, et renvoient à une instruction orale. Le secret le plus long est celui des Rose-Croix de 1614 — cent ans — c’est-à-dire celui de la seule fraternité de la liste dont on n’a jamais trouvé un membre. Le seul assorti d’une sanction est celui de la Golden Dawn, où le néophyte accepte d’être « foudroyé » par la volonté de ses chefs s’il parle.

4. Un seul texte laisse le candidat décider

Chez Pythagore, le maître juge ; en loge, la loge ; chez Kremmerz, l’initiateur ; chez Cagliostro, le candidat jure même d’« obéir aveuglément ». Benoît fait l’inverse : il lit trois fois la Règle au novice et lui dit chaque fois « si vous vous croyez capable de l’observer, entrez ; si non, vous êtes encore libre, retirez-vous ». C’est aussi le seul texte qui exige de dire d’avance au candidat tout ce que la chose a « de dur, de pénible et d’amer ».

5. Ce que l’ordre le plus fermé a laissé

De l’Ordre égyptien de Naples, un seul article de statuts est cité, et il ne dit rien de la doctrine : il interdit aux néophytes de se connaître entre eux. Un ordre secret se reconnaît à cela dans les archives : ce qui en reste n’est pas un enseignement, c’est un cloisonnement.

Le calendrier en chiffres

Nous avons compté les 360 images et les 360 sens du texte de 1488, dans son édition anglaise de 1879.

Ce que montrent les imagesDegrés
Un ou plusieurs hommes203
Une ou plusieurs femmes65
Un animal112
Une arme25
Ce qu’annoncent les sensDegrés
Méchant, voleur, envieux, meurtrier32
Laborieux31
Oisif, paresseux, vagabond29
Puissant, noble, fait pour commander26
Querelleur, procédurier, guerrier23
Joyeux, sociable19
Sage, savant, studieux17
Faible, triste, malheureux17
Impudique13
Instable13
Riche, marchand11
Religieux9

Un calendrier qui blâme plus qu’il ne promet

116 degrés annoncent un défaut ou un malheur, 81 une qualité ou une réussite. Naître « sage » est rare : 17 degrés sur 360, à peine plus qu’« impudique ». Le métier le plus souvent prédit n’est ni mage ni roi : c’est laboureur.

Les femmes du calendrier

Les femmes apparaissent sur 65 images, les hommes sur 203. Et elles n’y font pas la même chose : 15 de ces 65 images montrent une femme « oisive », debout sans rien faire, contre 13 des 203 images d’hommes. Le calendrier de 1488 est un document sur son siècle autant que sur le ciel.

Ce que cela dit des degrés du Mage

Dans ce texte, le degré qui annonce un « devin ou conjurateur » est le 11ᵉ des Gémeaux, celui de l’aigle et de ses trois aiglons. Christian n’en a rien fait : il a préféré poser ses deux Mages ailleurs. La comparaison des deux éditions, degré par degré.

Méthode : comptage par mots-clés sur le texte anglais ; un degré peut entrer dans plusieurs classes. Les totaux « défaut » et « qualité » additionnent les classes correspondantes.