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L’Arbatel vous aurait-il reconnu mage ?

L’Arbatel, imprimé à Bâle en 1575, énumère une « préparation en sept points pour apprendre l’art magique ». Sept questions, une par point, en regard du texte.

L’Arbatel. De magia veterum est le plus sobre des livres de magie de la Renaissance : ni cercles ni sang, quarante-neuf aphorismes. L’aphorisme 39 dit ce qui est exigé de qui veut apprendre l’art. Répondez pour vous-même ; rien n’est envoyé nulle part.

1. Consacrez-vous chaque jour du temps à comprendre d’où viennent les choses — par les textes sacrés, par la nature, par ce que vous observez ?
Le premier point est de méditer jour et nuit comment s’élever à la vraie connaissance de Dieu, tant par sa parole révélée depuis la fondation du monde que par l’échelle de la création et des créatures.
2. Avez-vous l’habitude de vous examiner — ce qui en vous passe, ce qui ne passe pas, ce qui vous est propre ?
Deuxièmement, il est requis que l’homme descende en lui-même et s’étudie à se bien connaître : ce qu’il a de mortel, ce qu’il a d’immortel, ce qui est propre à chaque part de lui, et ce qui en diffère.
3. Agissez-vous, au quotidien, de façon utile à ceux qui vous entourent ?
Troisièmement, qu’il apprenne, par la part immortelle de lui-même, à honorer, aimer et craindre le Dieu éternel […] et, par sa part mortelle, à faire ce qu’il sait être agréable à Dieu et utile à son prochain.
4. Avez-vous cherché à savoir pour quel genre de vie vous êtes né ?
Quatrièmement, puisque chacun est appelé dès le ventre de sa mère à un certain genre de vie, il faut veiller à ce que chacun sache s’il est né pour la magie, et pour quelle espèce de magie […] car de tels dons ne sont accordés qu’aux petits et aux humbles.
5. Dans vos plus grandes entreprises, vous êtes-vous senti aidé par quelque chose qui n’était pas vous ?
Cinquièmement, il faut observer si l’on sent autour de soi des esprits qui assistent manifestement dans les plus grandes affaires ; qui les sent, il est manifeste qu’il deviendra mage par ordonnance de Dieu.
6. Savez-vous garder un secret — des années, sans que personne sache que vous le tenez ?
Sixièmement, le futur mage a besoin de foi et de silence, surtout pour ne rien révéler des secrets que l’esprit lui interdit de dire […] Personne ne croirait combien tient dans ce seul précepte.
7. Refusez-vous de prendre part à ce que vous jugez injuste, même quand vous y gagneriez ?
Septièmement, il est requis du futur mage la plus grande justice : qu’il n’entreprenne rien d’impie, d’inique ou d’injuste, et n’en admette pas même la pensée.

Arbatel, aphorisme 39, notre traduction du latin de 1575.

D’où vient ce texte

L’Arbatel a été imprimé en latin à Bâle en 1575, probablement par Pietro Perna. Son auteur est inconnu. L’aphorisme 42 ajoute que « le mage est une personne prédestinée à cette œuvre dès le ventre de sa mère ». Le texte entier, en latin et en anglais, est en ligne sur Esoteric Archives.

Cette page n’appartient à aucun ordre et n’ouvre aucune porte : elle met une liste vieille de 450 ans en regard de sept questions simples.