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Auriez-vous été reçu au premier degré martiniste ?

Le premier degré s’appelle « Associé ». Le rituel de 1896 dit qui peut demander, qui enquête, et ce qui se passe derrière la porte. Sept questions, chacune à côté de ce que le texte dit.

L’Ordre martiniste a été fondé à Paris par Papus vers 1890. En 1896, son délégué pour les États-Unis, Édouard Blitz, publie le rituel complet avec l’approbation de Papus. C’est ce texte que nous suivons, de la demande jusqu’à la remise du premier degré. Rien n’est envoyé nulle part.

1. Êtes-vous entièrement libre de vous engager ?
Le rituel écarte « toute personne qui n’est pas absolument libre » : religieux, domestiques, employés, soldats — sauf à prendre cette liberté « à leurs propres risques ». Les mineurs ne sont pas admis.
2. Deux membres signeraient-ils votre demande ?
Les demandes sont envoyées par la poste au président de la loge ; elles sont « signées par le candidat et deux membres ».
3. Accepteriez-vous que trois inconnus enquêtent sur votre caractère ?
Une commission de trois membres jure de ne pas divulguer le nom des candidats « dont il est de notre devoir d’examiner le caractère ». Elle rend son rapport un mois plus tard, puis la loge vote.
4. Frapperiez-vous trois fois à une porte qui ne répond pas, les yeux bandés ?
Le candidat est « dépouillé de ses vêtements de dessus, le bras droit nu, les yeux bandés ». Il frappe : pas de réponse. Il frappe plus fort : rien. Avant le troisième coup, la porte s’ouvre.
5. Venez-vous par désir de connaître, et non par curiosité ?
On lui demande de déclarer sur l’honneur que, « sans être poussé par une curiosité malsaine », il n’est mû que « par un fort désir de connaissance ». Les portes sont ouvertes à « l’Homme de Désir ».
6. Accepteriez-vous un sacrifice sur vos sens ?
Le signe du premier degré « fait allusion au sacrifice que l’Associé doit faire sur sa nature sensuelle ».
7. Accepteriez-vous d’entendre que vouloir savoir ne suffit pas ?
Le président conclut son accueil en disant que « le désir de savoir ne contient pas toujours la faculté d’acquérir », et que beaucoup sont appelés, peu élus.

Édouard Blitz, Ritual and Monitor of the Martinist Order, 1896 ; notre traduction.

D’où vient ce texte

Édouard Blitz, Ritual and Monitor of the Martinist Order, 1896, première édition, avec la recommandation signée « Dr. Papus, President of the Supreme Council ». Lu sur archive.org. Le livre donne trois degrés : Associé, Initié, puis Supérieur Inconnu. Après la réception, le premier degré est remis avec une épée ; le rituel le dit équivalent au quatrième degré du rite ancien attribué à Saint-Martin.

Un ancien dirigeant d’ordre raconte qu’en France, dans les années 1970, une branche martiniste ne recevait que les membres d’un autre ordre déjà parvenus à un certain degré. Le texte de 1896 ne demande rien de tel : c’est une règle plus tardive, que nous n’avons lue nulle part.

Ce test met en regard vos réponses et un rituel imprimé en 1896. Il ne confère aucun degré et n’appartient à aucun ordre martiniste ; ceux qui existent aujourd’hui ont leurs propres règles.