test-du-mage

Un maître tantrique vous aurait-il prise pour disciple ?

Les Tantras ne demandent pas ce qu’on imagine. Ils dressent une liste de qualités, et une liste plus longue de gens à refuser. Sept questions, chacune à côté de ce que le texte dit.

John Woodroffe, juge à Calcutta, a publié sous le nom d’Arthur Avalon les premières études sérieuses des Tantras. Dans Shakti and Shakta (1918), il rapporte ce que deux d’entre eux exigent de qui veut être initié. Le test vaut pour une femme comme pour un homme : ces textes, écrit-il, s’adressent aux deux sexes. Rien n’est envoyé nulle part.

1. Avez-vous l’esprit vif — comprenez-vous vite ce qu’on vous montre ?
Gandharva Tantra, chapitre 2 : l’aspirant doit être « intelligent ». C’est la première qualité de la liste.
2. Êtes-vous maître de vos sens — de la table, du sommeil, du désir ?
Même liste : « les sens maîtrisés ». Le Kularnava Tantra refuse de son côté « l’esclave de la nourriture et du plaisir sexuel », le luxurieux et le glouton.
3. Vous abstenez-vous de nuire à tout être vivant ?
Gandharva Tantra : « s’abstenant de nuire à tous les êtres ». Woodroffe relève que ce sont d’étranges exigences pour une voie qu’on disait mauvaise.
4. Cherchez-vous à faire du bien à tous, et non aux seuls vôtres ?
Même liste : « faisant du bien à tous », et « pur ».
5. Avez-vous un vrai désir de connaissance spirituelle ?
Le Kularnava Tantra, chapitre 13, refuse l’ignorant et celui « qui n’a aucun désir de connaissance spirituelle ».
6. Vos actes suivent-ils vos paroles ?
Le même chapitre refuse l’hypocrite, qui a le divin « sur les lèvres mais non dans le cœur », et celui qui n’a pas de honte.
7. Êtes-vous capable de dévotion — de vous attacher longtemps à une seule chose ?
Dernier refusé de la liste : celui qui est « sans dévotion ».

John Woodroffe, Shakti and Shakta, 1918 ; notre traduction.

D’où vient ce texte, et ses limites

Nous n’avons pas lu les Tantras eux-mêmes, mais ce qu’en rapporte Woodroffe dans Shakti and Shakta (1918), lu sur archive.org. Il cite la liste du Gandharva Tantra en entier et dit du treizième chapitre du Kularnava Tantra qu’il contient « une longue liste » dont il ne donne qu’une partie : notre test ne peut donc pas être complet.

Woodroffe écrivait pour défendre ces textes contre l’accusation de débauche ; son choix de citations sert cet argument.

Ce test met en regard vos réponses et un livre de 1918. Il n’initie personne, n’appartient à aucune école et ne remplace aucun maître. Le choix des deux points de « la porte » est le nôtre, non celui du texte.